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L’enjeu des MANPADS

Si la guerre d’Ukraine a mis en évidence la portabilité des systèmes antichars, celle des missiles antiaériens a également joué à l’avantage des forces ukrainiennes. À la clé, la destruction d’un certain nombre d’appareils de combat, d’hélicoptères et de drones russes, mais aussi de vraies questions en termes de retour d’expérience pour les armées occidentales. Et pour un marché qui peine à se renouveler.

Si les premiers MANPADS (Man portable air defense systems) sont apparus dans les années 1960 et ont ensuite connu une diffusion à l’échelle mondiale, leur usage s’est lui aussi diversifié (1). Ils sont ainsi utilisés tant par les armées régulières que par les groupes irréguliers. Le Viêt-cong utilise ainsi rapidement des SA‑7, de même que le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert contre le colonisateur portugais – sans parler de l’usage des Stinger par les moudjahidines afghans. Les MANPADS sont également plébiscités par les auteurs travaillant, dans les années 1980, sur les conceptions de techno-guérilla. Les systèmes évoluent également par générations :

• le SA‑7 Grail/Strela‑2 ou le Redeye américain ont des capacités limitées en termes de portée, mais aussi de capteurs infrarouges, qui ne permettent guère un engagement que sur les arrières d’un appareil, dont les leurres seront le plus souvent efficaces. Le Grail a lui-­même donné lieu à plusieurs copies ou versions dérivées, en Chine (HN‑5), en Égypte (Sakr Eye), en Corée du Nord (Hwasung-­Chong) ou au Pakistan (Anza‑1). On peut y ajouter le Blowpipe britannique, lourd et peu précis, seul exemple de MANPADS télécommandé ;

• la deuxième génération bénéficie de meilleurs autodirecteurs IR, cette fois refroidis, avec pour effet d’accroître les possibilités d’engagement. Elle comprend les premiers FIM‑92 Stinger américains, le FN‑6 chinois ou le Strela‑3/SA‑14 Gremlin ou l’Igla‑1/SA‑16 Gimlet russes ;

• la troisième génération couple des systèmes de détection sur des bandes différentes, typiquement l’IR et l’UV, ce qui accroît la capacité à discerner la cible de ses leurres. C’est le cas pour les deux premiers Mistral, l’Igla‑S/SA‑18 Grouse, le SA‑24 Grinch, la plupart des Stinger américains, le Type‑91 japonais. Le KP‑SAM/Chiron sud-­coréen semble également relever de cette catégorie ;

• la génération la plus récente de missiles est dotée de capteurs plus complexes, offrant là aussi une meilleure résolution de la cible. Le Mistral‑3 ou le 9K333 Verba/SA‑25 en sont de bons exemples. Dans ce dernier cas, le missile reçoit des capteurs UV, dans le proche et le moyen IR. Il serait entré en service en 2015. Le Mistral‑3 est quant à lui entré en service en 2019.

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