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Balkans : vingt ans après la guerre de Yougoslavie, où en est la poudrière de l’Europe ?

Vingt ans après la fin de la guerre de Yougoslavie, les tensions interethniques perdurent et les Balkans conservent cette réputation de poudrière de l’Europe. Comment cela s’explique-t-il ?

Florent Marciacq : Les Balkans comptent effectivement plusieurs foyers crisogènes, mais il ne faut pas aborder cette région uniquement sous cet angle. Ce n’est pas une spécificité propre aux Balkans. En effet, la région des Balkans est aujourd’hui particulièrement bien intégrée dans la géographie humaine, économique et en partie politique de l’Europe. Un certain nombre de citoyens balkaniques ont déjà acquis la citoyenneté européenne ou font partie des populations de l’Union européenne (UE). À l’Université de Vienne, par exemple, 58 % des étudiants viennent des Balkans. Au niveau économique, de nombreuses entreprises européennes, notamment françaises, autrichiennes ou italiennes, sont bien implantées dans la région. L’UE est d’ailleurs le premier investisseur et le premier partenaire commercial des Balkans, une région complétement enchâssée dans les réseaux transeuropéens de transport.

Mais politiquement, c’est là que le bât blesse. Car si les pays des Balkans s’alignent beaucoup sur l’UE, la fébrilité des perspectives liées au lent processus d’adhésion à l’Union génère un certain nombre de vulnérabilités. Ces dernières ouvrent ainsi le flanc au déploiement de facteurs extérieurs qui cherchent à influencer les pays de la zone, ou à des potentats locaux qui profitent de ce vide pour se maintenir au pouvoir et rétribuer leur réseau d’influence. C’est dans ce contexte que viennent s’imbriquer un certain nombre de crises dans toute la région et que l’on peut notamment observer en Bosnie-Herzégovine ou en Serbie.

En juin 2022, alors que l’UE accordait à l’Ukraine et à la Moldavie le statut de candidat à l’adhésion, les dirigeants des Balkans occidentaux étaient reçus à Bruxelles pour faire le point sur leur propre processus d’adhésion. Le 19 juillet 2022, l’UE donnait son feu vert pour l’ouverture des négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord et l’Albanie. Où en est concrètement ce processus d’adhésion pour chacun des pays candidats ? Quelles sont les perspectives alors qu’il était question de ralentir le processus d’intégration de nouveaux membres ?

Pour adhérer à l’UE, il faut mener à bien deux processus distincts : d’une part, un processus d’adhésion qui dépend des progrès réalisés par les pays aspirants à rejoindre l’UE, et, d’autre part, un processus d’élargissement qui est un processus de cooptation par les États membres. Le problème provient du fait que ces deux processus tournent aujourd’hui au ralenti.

À propos de l'auteur

Florent Marciacq

Co-directeur de l’Observatoire des Balkans à la Fondation Jean-Jaurès (Paris), chercheur au Centre international de formation européenne (CIFE) et secrétaire général adjoint et chercheur associé au Centre franco-autrichien pour le rapprochement en Europe.

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