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États-Unis – Afrique : regain d’intérêt sur fond de politique transactionnelle

Le second mandat de Trump redéfinit les relations américano-africaines à travers un pragmatisme sélectif, combinant désengagement (réduction de l’aide publique, retrait diplomatique, abandon du multilatéralisme) et recentrage sur la rivalité avec la Chine et la Russie. Pour l’Afrique, cette approche offre certes quelques opportunités économiques — à l’instar des accords sur l’accès aux ressources stratégiques —, mais fragilise la stabilité régionale en laissant s’installer un vide géopolitique dans des zones déjà sensibles. Enfin, cette politique fait courir le risque d’un affaiblissement des États africains face aux crises, et laisse à Pékin et à Moscou des occasions supplémentaires de renforcer leur influence en affaiblissant encore un peu plus les puissances occidentales déjà en grande difficulté sur le continent.

Notes

(1) Cette période avait été caractérisée par une réduction significative de la présence américaine en Afrique, avec des postes d’ambassadeurs laissés vacants pendant de longues périodes et une diminution des initiatives diplomatiques.

(2) Depuis les années 1970, seuls 14 des 46 pays d’Afrique subsaharienne ont reçu la visite d’un président américain.

(3) Driss Alaoui Belghiti, « Les États-Unis d’Amérique et l’Afrique : une relation en redéfinition perpétuelle », Policy Center for the New South, Policy Paper, n°6, mai 2024 (https://​rebrand​.ly/​9​9​c​8ca).

(4) L’Afrique ne représente actuellement que 3 % du commerce mondial.

(5) Depuis les années 2000, quatre présidents se sont succédé : George W. Bush (2001-2009), Barack Obama (2009-2017), Donald Trump (2017-2021 et de nouveau depuis janvier 2025), Joe Biden (2021-2025).

(6) Loi commerciale de 2000 garantissant notamment des facilités d’accès au marché américain à une quarantaine de pays d’Afrique. Elle a expiré le 30 septembre dernier, plongeant les pays concernés et leurs économies dans une incertitude totale.

(7) Courrier international, « À la Maison-Blanche, Cyril Ramaphosa tombe dans le “guet-apens” de Donald Trump », 22 mai 2025 (https://​rebrand​.ly/​8​8​8​33e).

(8) En français : « du commerce, pas d’aide ».

(9) Maya Kandel, « La stratégie américaine en Afrique : les risques et contradictions du “light footprint” », Études de l’IRSEM, n°36, décembre 2014, p. 13-36 (https://​rebrand​.ly/​m​h​r​1​cmx).

(10) Niagalé Bagayoko, « Comprendre la relation États-Unis/Afrique à l’ère de Donald Trump », Fondation méditerranéenne d’études stratégiques (FMES), juin 2025, p. 18-20 (https://​rebrand​.ly/​e​6​f​e5e).

(11) Il est évident que, dans la définition de sa politique d’échanges, l’administration Trump ne tient plus aucun compte de son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce — violation des règles les plus fondamentales des accords multilatéraux.

(12) Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont atteint environ 295 milliards de dollars en 2024, contre près de 72 milliards avec les États-Unis.

(13) Jusqu’à récemment, l’aide au développement destinée à l’Afrique subsaharienne s’établissait à près de huit milliards de dollars par an, principalement à destination du secteur de la santé. Notons que ce montant pouvait même être doublé en intégrant l’aide humanitaire ainsi que l’assistance militaire et sécuritaire.

(14) La performance des ambassadeurs américains en Afrique est dorénavant mesurée, en partie, à l’aune de leur succès en matière de diplomatie commerciale et de facilitation de contrats.

(15) Mathilde Boussion, « En Afrique, les limites de la “diplomatie commerciale” de Donald Trump », Le Monde Afrique, 3 juillet 2025 (https://​rebrand​.ly/​6​5​a​6e2).

(16) Voir l’accord de paix entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, signé à Washington le 25 avril 2025.

(17) Alex Thurston, « Trump returns to a failed playbook in Africa », Quincy Institute for Responsible, Statecraf Respopnsible Statecraft, 18 septembre 2025 (https://​responsiblestatecraft​.org/​t​r​u​m​p​-​m​a​l​i​-​n​i​g​er/).

(18) Se reporter aux conclusions du dernier sommet d’affaires États-Unis/Afrique qui s’est tenu à Luanda fin juin 2025.

(19) Politicien libano-américain, Massad Boulos est le beau-père de Tiffany, la fille de Donald Trump. Hébergé au Département d’État, il est, dans les faits, directement rattaché au président Trump.

(20) À l’image du récent retour d’Erik Prince, le fondateur de Blackwater, en République démocratique du Congo.

(21) Début février 2025, Donald Trump a annoncé que les États-Unis avaient mené des frappes aériennes contre des positions de l’État islamique dans le Nord de la Somalie, quelques semaines après l’attentat du 2 janvier à la Nouvelle-Orléans, revendiqué par le groupe. Il s’agissait des premières opérations militaires américaines à l’étranger depuis son investiture.

(22) Africom : United States Africa Command.

(23) Selon Africom, quelque 6 500 militaires seraient actuellement déployés en Afrique par l’armée américaine.

(24) Paul Melly, « Comment la stratégie africaine de Trump pourrait devenir une arme à double tranchant », BBC News Afrique, 16 juin 2025 (https://​www​.bbc​.com/​a​f​r​i​q​u​e​/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​c​g​7​1​l​l​9​8​3​y8o).

(25) Congo-Brazzaville (République du Congo), Guinée équatoriale, Érythrée, Libye, Somalie, Soudan et Tchad.

(26) Make America Great Again.

(27) François Backman, « Donald Trump et l’Afrique : Acte II », Fondation Jean Jaurès, 17 février 2025 (https://​rebrand​.ly/​3​7​1​662).

(28) À savoir : Angola, Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Cameroun, République démocratique du Congo, Djibouti, Éthiopie, Égypte, Gabon, Gambie, Ghana, Côte d’Ivoire, Libéria, Malawi, Mauritanie, Niger, Nigéria, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Soudan du Sud, Tanzanie, Ouganda, Zambie et Zimbabwe.

Légende de la photo en première page : Le 9 juillet 2025, le président Donald Trump recevait à la Maison-Blanche cinq leaders africains (Libéria, Sénégal, Gabon, Mauritanie et Guinée-Bissau) pour une rencontre officiellement consacrée à des questions commerciales, d’investissements et de sécurité. Devant la presse, Donald Trump a présenté ces cinq pays comme des endroits « dynamiques, avec des terres de très grande valeur, de superviserais (???), des grandes réserves de pétrole et des gens merveilleux ». (© White House/Daniel Torok)

Article paru dans la revue Diplomatie n°136, « Les États-Unis de Donald Trump : une puissance prédatrice en déclin ? », Novembre-Décembre 2025.
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